Le pigeon : L’Elevage de Pigeon de chair





Le pigeon :

L’Elevage de Pigeon de chair

C’est aux Etats Unis dans les années 30 qu’est né l’elevage rationnel des pigeons. Adopté en France dans les années 60 par quelques pionniers mais il n’a pris son véritable essor qu’à partir de 1980.

Etude zootechnique :

Anatomie : ordre des colombiformes.

  1. Particularité :
    • appareil respiratoire : cage thoracique plus allongée que le Gallus (c’est un sujet de vol) plus grande importance de développement des sacs aériens que chez la gallus.
    • Le rythme respiratoire : 25 à 30 mouvements/ minute.
    • Le rythme cardiaque : 150 à 160 mouvements/ minute.
    • Appareil digestif : bile absente, le jabot présente une physiologie particulière, déclanchée sous l’influence hormonale et nerveuse à la suite de la couvaison, la production du lait du jabot, d’une composition analogue au lait de vache, riche en matière protéique, minéraux et graisse. Les pigeons régurgitent ce lait produit dans la profondeur du bec des petits pigeons (dans l’œsophage).
  2. Croissance du pigeon :

· A la naissance :

a- Aveugle jusqu’au 9éme jours (d’où chute du nid, écrasement).

b- Nu ou presque (duvet vers le 4éme jours).

c- Poids : 9grammes.

· Vie dans le nid jusqu’à 4 semaines, nourri par ses parents pigeons.

· Croissance très rapide jusqu’à la sotie du nid, le petit pigeon double chaque jour son poids les 8 premiers jours. Il maigrit à la sotie du nid. Il n’est plus ou beaucoup moins nourri par ses parents pigeons.

Le pigeon vit en couple et il est monogame

Dés l’âge de 4 mois et demi pour les plus précoces, vers 6 mois en général, les pigeons ont atteint leur maturité sexuelle. Le mâle se livre alors à la parade et tente d’attirer une femelle. Celle-ci répond en introduisant son bec à plusieurs reprises dans celui du partenaire qu’elle s’est choisi. Après ces embrassades, le mâle se met en quête d’un nid. Dans la nature c’est un endroit tranquille. Dans un elevage de pigeons c’est un tiroir disposé spécialement à cet effet. Ce couple est placé dans un « parquet » pour une durée variant entre 5 et 6 ans (durée de reproduction).

Le parquet est l’unité de base d’un élevage de pigeons. C’est un box de 10mètres carrées environ où vivent une vingtaine de couple (une densité supérieure provoquerait des problèmes sociaux et sanitaires). Chaque parquet doit être aéré ensoleillé sec et bien clos il doit être impénétrable aux rats ennemis jurés des pigeons. Il comporte donc une ouverture grillagée de préférence tournée vers le soleil et à l’abri des vents dominants. Quand au sol il est soit de sable soit constitué d’un caillebotis placé à 50centimètres au dessus d’une fosse servant à accueillir les déjections.

A l’intérieur du parquet une sorte d’armoire à casiers tient lieu de pondoir. C’est dans ces casiers que les couples confectionnent leur nid à l’aide de paille et de plumes. Les pigeons ayant la mémoire du nid et celle du conjoint il y a peu de contestations domiciliaires et de changements de partenaire. Chaque casier est divisé en deux compartiments généralement reliés par un promenoir ou le couple peut se reposer et s’accoupler. Ce nid double est une nécessité car la femelle pond de nouveaux œufs avant que les pigeonneaux de la précédente couvée soient sevrés.

Le pigeon mâle ou femelle couve et nourrit ses petits pendant un mois.

Après l’accouplement la femelle pond en général deux œufs, à deux ou trois jours d’intervalle. Dés que le second œuf a été pondu, commence la couvaison : elle est assurée conjointement par le mâle et la femelle, celle-ci prenant son service de 17h au lendemain à 11h, le mâle la relayant de 11h à 17h. Comme il n’existe pas de caractères sexuels permettant de distinguer extérieurement les deux sexes « sauf chez les pigeons auto sexables » une façon commode de différencier les sexes est d’assister à la relève de fin d’après midi.

L’incubation dure environ 18 jours. Lorsque les œufs sont éclos, les petits sont nourris durant 7 à 10 jours avec le lait produit par le jabot « ce lait est hautement nutritif ». Pendant les premiers jours les parents ne dégorgent dans le bec des petits pigeonneaux que ce lait ; puis au bout d’une semaine, ils régurgitent également quelques grains, spécialement fin et tendre. A partir du douzième jour la becquée n’est constituée que de grains. Les petits pigeonneaux dont l’appétit se manifeste par un piaillement appelé « cri du nid », vont être ainsi entièrement nourris par leurs parents jusqu’à l’âge de 28 à 30 jours. Ils commenceront à quitter leur nid, à marcher et à voleter, ce qui entraîne une perte de poids de 50 à 100grammes en 2 ou 3 jours.

Aussi beaucoup d’aviculteurs soucieux de vendre les pigeonneaux au maximum de leur poids (de 350 à 550grammes selon les races et les individus), les abattent-ils juste avant qu’ils ne prennent leur essor. Pour déterminer le moment opportun, il suffit de regarder le dessous des ailes des jeunes pigeons : on ne doit plus voir de peau, mais au contraire des plumes complètement formées et ayant déjà leur aspect définitif.

12 à 15 jours après l’éclosion de la couvée, la femelle recommence à ovuler et pond deux nouveaux œufs. Pendant une quinzaine de jours, les parents pigeons vont donc être obligés de couver ces nouveaux œufs tout en continuant de nourrir leurs deux pigeonneaux. Apparaît alors toute l’utilité des casiers à double nid : ils vont permettre aux pigeons de mener à bien leur double tache jusqu’à ce que les petits pigeons de la première couvée soient sevrés.

Tous les pigeonneaux de 28 jours ne sont pas automatiquement livrés à la consommation. L’aviculteur en garde souvent, soit pour renouveler son élevage, soit pour les vendre à des éleveurs désireux de créer un élevage de pigeon. Dans ce cas les jeunes pigeons sont laissés quelque temps dans le parquet de leurs parents où ils apprennent à s’alimenter d’eux-mêmes, d’abord partiellement, bientôt totalement. A deux mois ils ont perdu le « cri du nid » et sont devenus capables de se débrouiller seuls. Il convient alors de les séparer des pigeons adultes car ils augmentent inutilement la densité du parquet et multiplient les risques de maladies. On les transfert alors dans un parquet de sevrage, où, à 7 ou 8 par mètre carrée, ils vont croître jusqu’à leur maturité sexuelle. Ils peuvent être vendus à trois mois ou bien après l’accouplement vers 6 à 8 mois selon la race et la qualité.

Résumé de déroulement de la production :

  • Le couple édifie son nid avec des brins de paille et des plumes.
  • La femelle pond deux œufs, que le mâle et la femelle vont couver pendant 18 jours.
  • Dés l’éclosion des œufs, les parents pigeons nourrissent les petits pigeons en régurgitant dans leur bec, d’abord du lait de jabot, puis des grains.
  • La première nichée n’est pas encore sevrée que la femelle pond deux nouveaux œufs, qu’il va falloir couver.

Et le cycle continue…

Le pigeon règle lui-même sa consommation :

Dans un parquet, tous les pigeons n’ont pas les mêmes besoins, car ils n’ont pas les mêmes activités ni le même nombre de bouches à nourrir. Mais le pigeon s’autorégulant quantitativement et qualitativement, on peut sans problème installer un système d’alimentation en libre service. L’animal n’absorbe que la quantité qui lui est nécessaire. Trois types d’aliments sont distribués à volonté, soit dans une trémie à trois compartiments, soit dans trois trémies différentes :

  1. Du blé.
  2. Du maϊs.
  3. Des grains de légumineuses (pois, vesce ou féverole).

Le blé est approprié à cause de sa petite taille de ses grains, qui sont les premiers à être régurgités dans l’alimentation des pigeons. Le maϊs lui est riche en énergie. Quand aux légumineuses, elles répondent aux besoins en protéines. Ces dernières peuvent néanmoins être remplacées par un aliment composé de commerce granulé.

Ne pas oublier dans une autre trémie le composé minéral vitaminé (CMV) qui apporte les minéraux et les vitamines que les graines n’apportent pas et prévenir ainsi une carence.

La consommation annuelle d’un couple de pigeons nourrissant durant quatre semaines 12 à 14 jeunes pigeons par an se situe autour de 50Kg répartis de la façon suivante :

  • 50% de maϊs.
  • 25% de blé.
  • 25% de légumineuses ou d’aliment composé granulé.

Le pigeon boit beaucoup 80 à 200cl par jour. S’il manque, il cesse de nourrir ses petits pigeons. Aussi doit-on veiller à ce qu’il dispose en permanence d’une eau abondante propre et fraîche et à l’abri du gel. Comme le pigeon se désaltère en plongeant son bec jusqu’aux narines, il est conseillé d’avoir toujours 3 à 4cm d’eau dans les abreuvoirs.

En définitif la faculté qu’a le pigeon d’équilibrer sa ration facilite grandement la tache de l’aviculteur. Le fait qu’il nourrisse lui-même ses petits est une garantie de « naturel » pour le consommateur.

Il ne faudrait pas croire que l’élevage de pigeon est une sinécure. Il exige au contraire une surveillance étroite des parquets et une prophylaxie constante. Il faut repérer le mâle agressif, batailleur, qui sème la perturbation dans l’élevage de pigeon, et l’éliminer. Il faut également contrôler la production afin de sélectionner les meilleurs reproducteurs et d’éliminer le couple de pigeon qui a une production irrégulière. En général les jeunes nés en janvier et en février ont une maturité sexuelle plus précoce et sont meilleurs reproducteurs. La période de mue annuelle, qui a lieu à l’automne diminue chez presque tous les couples de pigeons la sécrétion du lait de jabot : il est donc utile de connaître les meilleurs pigeons nourrisseurs. Certains couples de pigeon demeurent productifs même pendant cette période et gagnent ainsi 2 à 4 pigeonneaux sur les autres couples de pigeons. Sur la vingtaine d’œufs pondus annuellement par une femelle, il faut soustraire en moyenne 5 à 12% d’œufs clairs (non fécondés), mais cette proportion est parfois beaucoup plus élevée.

Tout compte fait, avec les maladies et les accidents, une production de 12 à 14 petits pigeons de 28 jours par couple de pigeon peut être considérée comme bon résultat et bon rendement.

Sur le plan sanitaire, si le pigeon est peu sensible aux maladies virales, le pigeon est en revanche souvent touché par les maladies microbiennes et parasitaires (À SUIVRE DANS UN PROCHAIN ARTICLE).

L’aviculteur doit surveiller attentivement et quotidiennement l’état sanitaire de ses pigeons ; à tout moment il doit être prêt à intervenir pour limiter la propagation des maladies dans son élevage de pigeon.

Pour limiter les risques de maladies certains aviculteurs préconisent, pour la constitution ou le développement d’un élevage de pigeon, l’achat en une seule fois et d’une seule origine de pigeons reproducteurs sélectionnés et à haute productivité.

Il n’est pas souhaitable de débuter avec plus 10% du cheptel que l’aviculteur envisage en finale. Un calcul très simple montre qu’à partir d’un cheptel de pigeon bien sélectionné de 10% de l’effectif final, en gardant tous les jeunes pigeons, après 15 mois on obtient le cheptel final. Le tout, c’est de tenir 15 mois.

Races de pigeons :

  1. Races européennes :
    • Carneau : assez lourd, plusieurs couleurs, surtout rouge poids 360gr plumé et vidé.
    • Mondain : un petit et un gros 460gr moins prolifique mais calme.
    • Strasser : format moyen.
    • Le rhodésien : race belge format moyen.
    • Le mondain suisse : très gros 600gr. Très large de poitrine, ayant l’allure du Cornich. Prolificité plus basse.
    • Le pigeon bagadais ou gros mondain : gros développement de la poitrine --mâle adulte 700 à 900gr.

-Femelle adulte 675 à 800gr.

  1. Races américaines :
    • King Blanc: poids de 350 à 400gr. Il est très apprécié. Performances : 15 petits pigeons/couple/an.
    • King auto sexable: reconnaissance par dimorphisme sexuel, le gêne auto sexe se perpétue dans la race. A la naissance les mâles ont un duvet très court, et ne sont pas pigmentés, les femelles sont bleutées.
    • Le Texan auto sexable: très globuleux, très prolifique. Sujet vif à 4 semaines de 500grammes (poids moyen des deux sexes).

Il faut toujours avoir à l’esprit que, plus le pigeon est lourd, moins il pond. On préférera donc les races de pigeon de taille moyenne, bien conformées et productives






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